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vendredi 24 mai 2019

Mostar en Bosnie-Herzégovine


 C'est vrai j'avais omis de vous donner notre itinéraire croate.

Pour atteindre Mostar, il faut sortir de la belle route côtière « La Magistrale », qui longe la côte dalmate de Zadar aux Bouches de Kotor, au Monténégro. Puis depuis son riche delta, l’on suit la Neratva, le fleuve le plus important de l’Herzégovine, celui que les romains appelaient la "Nera-Etva" (le fleuve divin). 
 

 Le delta de la Neratva, lieu propice aux orangers et aux mandariniers

L’on arrive après une soixantaine de kilomètres à Mostar.

 
J’ai toujours eu pour cette ville une sympathie particulière. Elle était avant la guerre de Bosnie, un symbole que les Citoyens du Monde citaient en exemple. Nous sommes là sur une des frontières « naturelles » entre l’Occident et l’Orient.
Sur la rive droite du fleuve vivent en majorité les communautés chrétiennes, catholiques croates surtout. Sur la rive gauche ce sont principalement des communautés musulmanes. C’est ainsi, que l’Histoire marquée par la présence ottomane l’a voulue entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle.

Mostar, capitale de l’Herzégovine, avait un pont remarquable à plus d’un titre : Le Stari Most, « le vieux pont » en bosnien.
Par son architecture, c’était une prouesse d’avoir lancé au milieu du XVIe siècle, entre les deux rives de la Néretva une seule arche de 28 mètres à 29 mètres au-dessus de ses eaux tumultueuses.
Son architecte, élève du grand SINAN (celui de la Mosquée Bleue d’Istanbul), ne croyant pas vraiment au succès de son projet, s’échappa du chantier avant la fin de sa construction, craignant que sa tête soit expédiée à Constantinople au sultan, en cas d’échec.
Les ponts ont au moins une vertu, ils relient les hommes. 
Celui de Mostar liait donc les chrétiens et les musulmans depuis des siècles en une même communauté, une même ville.
Le Stari Most avait résisté à tous les tremblements de terre et à tous les conflits précédents. Mais un certain 9 novembre 1993, un obus croate vint réduire à néant ce beau symbole de paix.
Aujourd’hui il est reconstruit à l’identique, grâce aux volontés de la communauté internationale, en signe de réconciliation. Il a été inauguré le 22 juillet 2004.

 Aujourd’hui, des plongeurs quêtent sur le pont. Quand ils ont recueilli 25 €uros, ils plongent dangereusement du haut des 29 mètres.


L'ambiance lourde de Mostar rappelle la guerre. Nous avons par exemple été très surpris, de voir aux étals des souvenirs, de nombreux objets réalisés à partir de douilles d'obus et de balles, nous faisant penser à l’artisanat des tranchées de nos Poilus de 1914 - 1918. 
 Des stigmates biens présents

Heureusement que la jeunesse est là pour rappeler les joies de vivre insouciant.
 
Rosita avait choisi d'escalader l'escalier du minaret de la vieille mosquée.

 

 Intérieur de la vieille mosquée de Mostar



 Intérieur traditionnel de la "Maison turque"

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