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mercredi 26 juin 2019

Sur la route de Munich


Avant de quitter la Tchéquie, nous avons passé la matinée dans une très belle ville : Český Krumlov. C’était sous des trombes de pluie, le week-end de la fête médiévale. Nous avons pensé à la Méni’diévale organisée pour la première fois à La Ménitré par le Comité des fêtes, espérant que la météo leur a été plus favorable.

 Le plan de Ceske Krumlov

 De beaux habits XVIe, pour se protéger de la pluie


 Des victuailles à profusion


 
Le soleil fait son retour avec l’entrée en Allemagne. Munich était une étape marquée d’une grosse punaise sur la carte de notre voyage. Nous avons bien aimé.
Comme à Berlin, des musées sont regroupés dans un même quartier. Nous souhaitions passer du temps à la Neue Pinakothek (nouvelle pinacothèque) pour y découvrir la peinture XIXe – XXe siècle. Hélas, elle est fermée pour plusieurs années de travaux. Nous nous sommes repliés sur l’Alte Pinakothek (l’ancienne pinacothèque), avec des œuvres antérieures.
Elle renferme une collection de peintures flamandes et hollandaises étonnantes entre autres et surtout s’y tenait une superbe expo temporaire : « Utrecht et ses disciples de LE CARAVAGE », pour faire simple dans la traduction. Il s’agit d’œuvre de trois peintres d’Utrecht ayant séjourné ensemble à Rome vers 1600 pour étudier la peinture du CARAVAGE et qui s’en sont inspirés dans leurs œuvres : étonnant de beauté et totalement inconnus : Heindrick ter Brugghen, Gerard Van Honthorst et Dirck Van Baburen.



 La moquerie du Christ de Mathias GRÜNDENWALD 1503


  Van Honthorst 1625 Les procureurs


 Rubens 1616 Le combat de l'hipopotame et le crocodile


 La famille sainte par Raphaël
 
Murillo 1675 Enfants jouant aux dés


  Gérard Van Honthorst 1675 La moquerie du Christ

Ensuite nos déambulations dans ces grandes avenues, comme le long des petites rues du centre historique, autour de la Marienplatz (place Sainte Marie, nous sommes en Bavière, pays catholique), une visite était incontournable, celle de l’immense brasserie Hofbraühaus établie sur trois niveaux.
   La Marienplatz marque le centre de la ville de Munich

Crée en 1589, la bière « maison » HB, brune ou blonde y coule à flot entre ses 3 500 places de sa grande halle la Bierschwemme, arrosant les plats traditionnels.


 

  Les munichois, jeunes et moins jeunes, aiment à s'y retrouver entre amis le dimanche, habillés en tenues traditionnelles

 
  Bon appétit quand même ! Et c'était excellent.
De plus sinistre mémoire, c’est ici au troisième étage qu’Hitler fit son premier meeting (audience de 70 personnes), le 19 octobre 1919. Cette première réunion, sur les rancunes de la défaite de 1918 et du traité de Versailles, fut fondateur du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei), autrement dit le parti nazi, qui fit les heures les plus sombres du XXe siècle en Europe et dans le Monde que l’on croyait civilisé.
Hitler y présenta le 20 février 1920, son fameux programme en 25 points devant deux mille personnes. Les agressions verbales du futur Führer à l’égard des juifs lui valurent l’acclamation des personnes présentes qui scandèrent : « Fouettez-les, pendez-les ! ». Ils s’y réunirent une quinzaine de fois.
Mes sources :  https://allemagnenazie.com/2017/09/20/la-hofbrauhaus-le-temple-nazi/
La Hofbräuhaus reste un lieu de souvenirs mitigés.

Mais qu'attendent tous ces photographes ?


A 11, 12 et 17 heures, au beffroi de l'Hôtel de ville ...


Le carillon sonne et les personnages s'animent


vendredi 21 juin 2019

Slovaco - Tchéquie


Quatre jours sans blog c’est long…
Nous avions l’habitude (nous les vieux), de dire Tchécoslovaquie, le Printemps de Prague, Jan Palach, etc … Mais depuis la Révolution de velours de 1992, la fédération tchécoslovaque a décidé démocratiquement de se scinder en deux pays : La Slovaquie et la Tchéquie, si je les prends dans l’ordre de notre voyage.
Je n’entrerai pas dans des explications géopolitiques particulières. Nous y avions déjà fait deux voyages, cette fois nous prenons un autre parcours plus au sud, bien qu’il croise immanquablement les précédents.
Pour nous la Slovaquie c’était Austerlitz, un jour de brume matinale, après un coucher de soleil rouge, en 1998, comme le 2 décembre 1805. La Tchéquie c’était cette année de guerre où Papa fut déporté en 1943 dans les Sudètes (qui malgré son nom se trouve être au nord), suite à une erreur du secrétaire de mairie de Doué-la-Fontaine, rené nicolas (il n’a pas droit aux majuscules), qui n’avait pas vu qu’il n’avait que 18 ans alors que la réquisition S.T.O., ne visait que les hommes de 21 à 23 ans.
La Tchécoslovaquie n’a jamais été un pays comme les autres bien sûr, mais ce qui étonne dans son histoire, c’est qu’elle fit sa révolution technique, industrielle et économique dès le milieu du XIXe siècle. La Slovaquie reste à l’époque moins avancée, et plus rurale que la Bohème et la Moravie.
Entre les deux guerres la République Tchécoslovaque était l’un des pays les plus développé d’Europe malgré sa petite taille. Il se classait au 7e rang mondial au PNB par habitant en 1938.
Cet essor fut vite brisé en tombant sous l’autorité nazie dès 1938 et dans le marasme du collectivisme et de l’économie planifiée de 1948 à 1989. Par ailleurs la majeure partie de l’élite fut soit exterminée quand elle était juive, soit émigrée à l’étranger.
N’oublions pas les inventions tchèques : les lentilles de contacts, l’hélice marine, le nylon. C’est un prêtre slovaque qui inventa la radiophonie, Joseph MURGAS. Autres inventions slovaques : le parachute, la machine à écrire pour les aveugles, etc ..
Mais je retiendrais que deux exemples d’histoires étonnantes de l’industrie tchécoslovaque :
Nous étions hier à Zlin, près de la frontière slovaque. C’est la ville des chaussures BATA, marque mondialement connue (50 000 employés aujourd’hui dans 50 pays). C’est une ville Bata, comme Clermont-Ferrand est une ville Michelin.

Un certain Tomas Bata la créa fin XIXe siècle. Il développa son empire de la chaussure, dans le concept de « l’usine dans le jardin » dès 1924, mettant à contribution les meilleurs architectes. Il introduisit un système social très avancé pour son personnel, instaurant la semaine de 5 jours de travail, construisant pour ses employés des maisons disposant du gaz de l’électricité et de l’eau courante ; confort très avancé pour l’époque. Ces bâtiments, organisés en bloc comme aux U.S.A., restent encore aujourd’hui, dont le siège social le bloc 21, transformé pour partie en musée. Avec l’arrivée du communisme, le siège social fut déplacé à … Toronto, au Canada.
L'on doit à Tomas BATA, la célèbre formule: "Le client est roi". Il est mort en 1932 dans un accident d'avion.

Le bloc 21, siège social de la firme BATA, il était climatisé à sa construction en 1938 et équipé d’ascenseurs Pater Noster, des ascenseurs ouverts qui ne s'arrêtent pas aux étages et qui sont pris "à la volée".

 

Les anciennes usines Bata réaffectées de Zlin

 Nous sommes ce soir près de České Budějovice (Budweis en allemand), une ville de Bohème du sud, origine de la vraie bière Budweiser, pour les connaisseurs. Je dis la vraie, car elle n’a rien à voir avec la « pisse de chat » américaine qui a longtemps usurpé son nom. Le conglomérat américain Anheuser-Bush dès 1876 vola le nom de marque tchèque, pour en faire aujourd’hui encore la bière la plus vendue aux U.S.A. Les recours juridiques n’eurent lieu que tardivement et la période du communisme rendit impossible toutes les poursuites. Ce ne fut qu’en juillet 2010 que la Cour européenne de justice put statuer que désormais la marque serait tchèque et qu’elle serait vendue aux Etats-Unis sous la marque Czechvar, le groupe Anheuser-Bush restant libre de vendre son produit sans aucune comparaison sous la marque Budweiser.


 J’aurai pu vous parler également de Škoda, des motos Jawa et CZ (de la ville de Ceska Zbrojovka), plus malheureusement des armes CZ.

Ces deux pays nous ramènent dans des environnements plus proches des nôtres. L’agriculture traditionnelle a fait place aux cultures et aux élevages intensifs.
Les paysages sont agréables, vallonnés, mais la météo est agressive avec de gros orages, mais je crois qu’il en est de même chez nous.
De belles villes anciennes, d’origine médiévale, organisée autour d’une grande place de marché, ponctue nos journées.
Demain nous entrerons en Allemagne, en route vers la maison. Restent encore quelques étapes découvertes, dont nous vous reparlerons dans les dernières pages à venir de ce voyage multiple.

Je laisse la place aux photos.


Le centre de Levoca (classé au patrimoine UNESCO) en Slovaquie


Le triptyque de la cathédrale Sainte Elizabeth de Kosice en Slovaquie




Le château des princes-archevèques et la place de Kromeriz (Tchéquie)
classés au patrimoine UNESCO



L'extraordinaire bibliothèque du château de Kromeriz, avec ses 90 000 volumes et ses quatre globes du XVIIe siècle, cadeau de Louis XIV.



La superbe place de Telc en Tchéquie, classée Patrimoine UNESCO

Telc


Le village hors du temps de Vlkolinec en Slovaquie