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jeudi 15 juin 2017

Du Cercle Polaire au Cap Nord



Mardi 13 juin, nous quittons Posio en regardant dans le rétroviseur ce bel endroit. Il nous laisse un agréable souvenir de ce qu’est la nature finlandaise.


Nous sommes à 135 km de Rovaniemi que nous atteignons vers 11 h. Nous attendions beaucoup de cette ville : la ville du Père Noël !
Sur les maisons, des échelles sont installées, pour le Père Noël ?

Rovaniémi est une grosse ville de 60 000 habitants, nous l’avons ressentie froide (…normal, elle est sur le Cercle Polaire) et plutôt impersonnelle. Sa reconstruction a été réalisée sous l’autorité du grand architecte Alvar AALTO. Il a réorganisé tout l’urbanisme de la ville, après ce qu’en avait fait l’armée allemande lors de son retrait en 1944, à savoir un tas de ruines et un champ de mines. Aujourd’hui et à notre humble avis, on a du mal à y trouver un centre, et par conséquent une attractivité. 
 Nous y avons beaucoup aimé Arktikum, un centre d’exposition –musée de l’université, présentant de manière très agréable et pédagogique, une riche documentation sur l’Arctique en général, le réchauffement climatique et la Laponie en particulier.
Arktikum
 Par contre, grosse déception au village du Père Noël. Nous sommes entrés dans un véritable super marché de christmas-bibeloteries, ensemble de bâtiments et de parkings sans ordonnancement.
Le village du Père Noël


Une attraction qui laisse tout le monde d’accord, celle du Cercle Polaire. Il traverse le village du Père Noël en son milieu. Les photographes sont là au rendez-vous. À 14h, il y faisait 18° !
She do it !
 
Pas facile de tenir l'équilibre sur une ligne virtuelle
Espérons qu’en hiver, la neige et les lumières suffisent à redonner aux charters de touristes qui se précipitent là, un semblant de leurs illusions d’enfance.
Quant au Père Noël, nous aurions pu le voir, à 25 € la photo officielle (paparazzi proscrits), mais il était en pause jusqu’à 16 heures. Nous n’avons pas eu la patience de l’attendre, nous qui l’avions si souvent espéré par le passé … Non merci, nous ne croyons plus au Père Noël !
Nous avons donc repris notre progression par la route n°5, avec un arrêt à Sodankylä
Cet arrêt s’imposait pour voir une très rustique église en bois du XVIIIe, l’une des rares que les allemands aient oubliée de brûler. Le commandant l’avait peut-être volontairement délaissée, l’appréciant peut-être à sa juste valeur. Un peu d’humanité dans ces temps barbares reste rassurant.

Avec sa chaire des plus rustique, l'église de  Sodankylä, construite en 1689

 Ce soir la, nous avons apprécié de faire un bon feu de camp, au bord d’un torrent, où nous avions établi le campement. Nous étions du côté de Tankavaara.
Campement du soir

La nuit resta illuminée par ce beau soleil rasant l’horizon, qui depuis ces derniers jours ne se couche plus.

Mercredi 14 juin
En route, les groupes de rennes, comme des isolés, rompent la monotonie des kilomètres. Nous arrivons dans les dernières bourgades du nord de la Finlande, Ivalo et Inari.
Toujours l’agrément de l'eau et de la forêt
 
Attention aux rennes vagabonds

La végétation se rabougrit, encore saisie par les rigueurs du dernier hiver. Les feuillus sont en bourgeons et les bouleaux osent à peine leurs premières petites feuilles.
Bien vite les miracles de la nature arctique et le surcroît de lumière, viendront donner force et maturité aux vies végétales et animales. Il faudra faire vite pour assurer la pollinisation et la descendance. L’hiver suivant pointera ses premiers pincements dès octobre, après cette belle période de la ruska, celle que nous appelons chez nous l’été indien.
A Inari, nous prenons un vrai cours en Laponie. Dans son très beau centre d’information et musée de plein air, le Siida, tout nous est dit et montré sur l’origine, l’histoire et la vie des Samis, hier et aujourd’hui.
Le Siida, centre culturel sami, à Inari
 Oublions de les appeler les lapons. Le terme de Lapons que nous utilisons par méconnaissance est très péjoratif et insultant pour eux, il signifie : peuple en haillons.
Les samis, sont l’un des 71 peuples premiers des nations circumpolaires, si chers à cet homme que j’admire Jean MALAURIE (lire au passage Le dernier roi de Thulé).
Ils se répartissent entre Norvège, Suède, Finlande et Russie, en une dizaine de groupes de langues différentes. Ils ont été longtemps ostracisés, pour leurs coutumes, leur religion animiste et leurs langues.
Dépendant des migrations naturelles des troupeaux de rennes, les frontières de ces pays étaient pour eux des obstacles administratifs, contraire à leurs modes de vie.
Aujourd’hui leurs cultures et leurs spécificités sont reconnues. Dans chaque pays, ils ont acquit une part d’autonomie. A Inari par exemple siège leur parlement de Finlande.
Mais il y a encore tellement à découvrir d’eux, cela va occuper quelques unes de nos soirées d’hiver, autour de 0° chez nous (et encore…), alors qu’ici il pourrait y faire -30°et moins.
 
Côté été
 
Côté hiver
Jeudi 15 juin
Nous sommes passés hier soir d’un paysage de taïga finlandaise, avec une route en « montagnes russes » et en travaux, à une vallée norvégienne riante et verte.
Routes et travaux d'été



Nous nous sommes arrêtés au camping de Karasjok, histoire de se refaire une toilette et remettre à jour le blog.
Et pour cette dernière étape de progression « Toujours plus au nord », nous partons réveillonner au soleil de minuit, sur la falaise du Cap nord, un de ces bouts du Monde, chers aux voyageurs.

Jean-Luc ce 15 juin

lundi 12 juin 2017

Mille et mille lacs



Non seulement, en vérité la Finlande compte plus de 188 000 lacs, dire s’ils font partie du paysage !
Depuis la capitale, nous avons repris la route vers le nord, puis bientôt ce sera le Grand Nord du pays, la Laponie.

Le sud est urbanisé dans le tiers de sa latitude, le reste du pays est peu dense dans son habitat. De même l’agriculture est concentrée dans cette partie aussi, une agriculture de subsistance essentiellement.
En route, et malgré de longues distances de paysages boisés de forêts de bouleaux et de pins (les deux représentant 80% des variétés). Les lacs sont souvent masqués par les arbres.

Avec quelques bacs à passer


 
Stockage du bois au bord de la route
Flottage sur les lacs
 
Convoyage du bois près de Savanlinna
 La monotonie de ces longues routes (en très bon état et avec moins de radars), oblige a beaucoup de vigilance. On aimerait être surpris (au loin …) par les élans promis sur les panneaux, mais ce sont seulement quelques écureuils qui s’égarent, puis arrivés en Laponie, quelques rennes qui viennent au bord des routes, friands d’une végétation moins acide qu’en forêt.
Nos premiers rennes
 En route nous trouvons quelques petites merveilles architecturales, comme cette petite ville de Porvoo Borga (connue et touristique, car proche d’Helsinki)…
 
Porvoo Borga 


 
Porvoo Borga depuis le pont
… et ces belles églises du XVIIIè. et XIXè., dont celle monumentale de Kermäki, près de Savonlinna des années 1850.
 
Eglise de Kermäki
Ce serait la plus grande église en bois du Monde. L’histoire raconte que l’architecte aurait réalisé ses plans en pieds, alors que les artisans les auraient interprétés en mètres. Elle peut accueillir 3 000 personnes assises. Elle est impressionnante rien que par la taille de ses piliers.

 
Vue intérieure
Plus loin celle Paltaniémi (près de Kajaani), adorable église décorée par un obscur, mais génial peintre : Emanuel GRANBERG vers 1750. Ses fresques sont restées dans leur jus, hormis une restauration intentionnelle du Jugement dernier cent ans plus tard. Les scènes hardies affichées face au cœur, faisaient s’évanouir les paroissiennes les plus puritaines.
 
L'église de Paltaniémi visitée par le tsar Alexandre Ier (l'un des ennemis de Napoléon Ier) en 1819


A Kuopio là encore, un arrêt s’imposait pour le plaisir des yeux. Cette ville importante (90 000 habitants), possède le musée de l’église orthodoxe de Finlande. Si les Finlandais ne sont pas particulièrement portés sur les religions, ce musée rappelle que la Russie est proche, qu’elle a longtemps occupée le pays et que la Finlande fut le refuge de nombreuses œuvres d’art à l’arrivée au pouvoir des bolcheviques.
Un trésor d'icone (la vierge de Kazan)
 
Cénotaphe de Saint Arsène et ..., en argent
Cela me rappelle que les soviétiques avaient transformé à Riga (voir post ancien déjà, avec photo), la cathédrale orthodoxe en restaurant et en planétarium (coupole idéale pour l’usage).

Avec tous ces villages aux maisons de bois et ces églises, présentes de la Russie à la Norvège (souvenirs de voyages), je voulais vous parler de l’importance du bois dans la culture et l’économie finlandaise. Elle est primordiale.
Depuis que le Monde est monde, l’on construit avec les matériaux les plus locaux.
La construction bois est en Europe du nord une évidence naturelle que l’on comprend bien, au vu de la ressource. Chez nous avant le béton, l’acier et le verre c’était la pierre.
La construction bois (exceptée dans les régions de montagne) est chez nous une nouveauté, ici elle est une tradition.
Il n’est pas imaginable chez nous, de construire aujourd’hui une maison (au nom de pratiques traditionnelles), en tuffeau par exemple. Hormis le coût, il n’existe plus qu’une seule carrière (à St Cyr-en-Bourg) et elle peine à satisfaire les besoins nécessaires aux ouvrages classés et inscrits aux Monuments Historiques.
Mais à la différence de la pierre, la ressource du bois est renouvelable …
 
Construction d'un auto-pont à Savolinna
 
Bois de bouleaux
 Nous sommes arrivés depuis hier à Posio, dans un très bel endroit boisé et au bord d’un lac que nous avons surpris, au détour de la route, encore partiellement gelé.
Lac gelé et restes de neige à Posio; ce matin il faisait 7°


C’est une étape de repos. Nous en avons profité pour aller marcher en forêt. Pas un nuage aujourd’hui, pas un moustique, toujours pas d’élan, ni d’ours curieux …
Ballade en forêt boréale

Ce sera un bon souvenir
Nous sommes grosso modo, à mi-parcours.

Jean-Luc ce 12 juin

vendredi 9 juin 2017

Helsinki, un jour de soleil, un jour de pluie



Nous avions reporté notre visite de la capitale à des jours meilleurs, soit un autre jour que celui de la fermeture des musées, le lundi et nous espérions avoir rendez-vous avec le soleil.
Si la première condition fût satisfaite, la seconde fût totalement ratée, du moins le second jour. Nous étions donc à Helsinki les 7 et 8 juin.
Et quand il pleut, que reste-il à faire ? Eh bien visiter musées, églises et cathédrales. Cela tombe bien, d’après notre guide, Helsinki est la ville du monde qui compte le plus de musées par habitants.

L'un des derniers tableaux de Van Gogh (1890, année de sa mort), au musée des Beaux-Arts
 Notre terrain de camping, avait l’avantage de se trouver à deux pas d’une station de métro.
 
Une seule ligne de métro




Le premier jour, jeudi, c’était un plaisir de voir toute l’énergie des Helsinkois sous ce beau soleil, entre sorties de bureau, déjeuner au lounas (buffet à volonté à prix économique), métro et trams. 
Le second jour, tout devenait plus terne...
 
La pluie devant la cathédrale luthérienne
La pluie et le marché, devant la cathédrale orthodoxe
 On y court au moins autant qu’à Paris, sauf bien sûr les badauds comme nous.
Les touristes asiatiques envahissent les lieux de visites dans des entrechocs de perches à selfies. Ce sont les plus nombreux.
 
Dans la cathédrale luthérienne
La ville compte 600 000 habitants environ et l’agglomération 1 000 000. Le pays compte six millions de Finlandais, soit le même rapport pays/capitale qu’en France.
Alors entre Finlandais et Finnois, lequel des deux termes prendre ?
Nous nous sommes aussi posés la question. Tous les habitants du pays sont des Finlandais, alors que ceux qui parlent cette curieuse langue finno-ougrienne, aux sonorités quasi asiatiques qu’est le finnois, sont des Finnois.
Le pays a deux langues officielles, le finnois et le suédois. Les panneaux routiers et les plaques de rues, induisent facilement en erreur, étant rédigées dans les deux langues.
Nous avons beaucoup aimé dans cette ville les audaces architecturales, moins ostentatoires qu’à Riga par exemple. C’est vrai que nous sommes ici dans La Mecque du design. Une large part est faite à l’Art Nouveau et cela se conjugue bien avec les volumes contemporains, où se jouent les éclairages naturels
Le café Robert's, chef d’œuvre d'Art Nouveau
 
Le jeux de l'ombre et de la lumière



 
Le conservatoire national de musique
La chapelle du Silence
 
Le hall du musée d'Art Moderne
Donc pour faire court, malgré la mauvaise météo, nous avons aimé Helsinki et y avons ressenti de bonnes vibrations.


Jean-Luc ce 9 juin