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dimanche 21 mai 2017

Après une semaine



Je suis en retard d’une carte, elle résume le parcours de cette première semaine.

Partis bien en retard dimanche 14, nous avons rejoint la forêt d’Orient, un coin calme et typique de cette Champagne oubliée de l’Aube. Le lendemain, pour initier ces routes que nos grognards d’ancêtres ont parcourues avec leurs godillots à semelles de carton bouilli et à pied unique, nous voulions visiter le musée de Brienne-le-Chateau, dans cette école de cadets que fréquenta, à son arrivée de Corse, Napoléon Bonaparte. Pas de chance elle est « En travaux ». Il faudra revenir en 2018 !

Napoléon à Brienne en 1779
 Suivent Spire, Heidelberg et Eisenach, dont j’ai déjà parlé.

Vendredi et samedi, nous revenions lever deux déceptions d’un voyage de 2008 : à Leipzig le musée Bach qui était en construction et à Dresde la visite intérieure de la Frauenkirshe, cette superbe cathédrale rasée par les terribles bombardements de février 1945. Nos déceptions d’alors étaient d’une impudeur sans nom, quand on pense à ces 100 000 morts, victimes du phosphore que lâchèrent sur la ville les bombardiers alliés.
Cette lâche attaque, que les anglo-américains justifièrent seulement pour saper le moral des populations, enflamma l’oxygène de l’air, ne laissant aucune issue au moindre être vivant, même tapis au fond d’une cave. Ces deux visites furent sublimes de beauté et de pensées dédiées.

La Frauenkirche reconstruite pierre à pierre (en noir les pierres d'origine et replacées)     



Le maître autel, réplique de celui d'origine
 L’entrée en Pologne n’en finit pas d’alimenter notre imagination. La réalité n’est pas loin.

 Je pense à Papa, déporté STO à moins de 100 km de là dans les Sudètes et à son oncle Louis, mon parrain, prisonnier de guerre durant cinq ans en Poméranie proche.
A la traversée de ces forêts, je ne peux m’empêcher de visionner ces scènes de cinéma, montrant ces pauvres évadés, poursuivis par des soldats rageurs et leurs chiens furieux. Tels maîtres, tels chiens…
Nous filons maintenant à travers la plaine de la Grande Pologne, pays où encore une fois nous nous étonnons de voir ce dimanche matin, autant de croyants endimanchés, si nombreux que les retardataires suivent l’office du matin sur la place devant l’entrée. L’après midi, ils auront tout juste une place assise pour assister aux vêpres. Il est vrai qu’en mai, la dévote Pologne célèbre les communions solennelles… devenues si rares chez nous.
La Stary Rinek, ou Grand' Place de Poznan, ce dimanche


Demain, avant de plonger dans la bouillante Varsovie, nous ferons aussi un pèlerinage, celui de Zelazowa Wola. En 1810, y naissait le grand Frédéric CHOPIN. Gageons que les sonates et les nocturnes, enregistrées avant notre départ, sauront nous rapprocher plus de George SAND, qui nous est chère. Comme un peu de quiétude dans cette Histoire de brutes

Jean-Luc le 21 mai 



 


jeudi 18 mai 2017

Inspiré, ou pas ...



Nous avons quitté la France à la sortie nord de Sarreguemines. Marine ne nous aura au moins pas volé, ce plaisir immense d’ignorer les frontières. Il s’en est fallu de peu ces derniers jours.
Nous avons donc parcouru les belles collines du Palatinat et ses bourgs viticoles, si semblables dans leur architecture et leur quiétude à ceux de leurs cousins de l’Alsace voisine. Le soleil nous accompagnant, il ne manquait que le parfum du Riesling pour toucher à une forme du bonheur. Inspiré donc !
Après plus d’une quinzaine de voyages en Allemagne (dont une année non volontaire de service militaire), il me reste encore des noms de villes et de petites régions, qui résonnent dans ma tête, avec des désirs persistants de découvertes. Le pays regorge de trésors.
Sur notre itinéraire du jour, une ville m’intéressait à découvrir : Spire.
Une belle ville assurément, baignées de soleil, celui des premiers beaux jours. Nous avons l’impression que tout le monde est dans la rue aux terrasses des cafés, en promenades, sourires aux lèvres et chiens en laisse.
La ville s’organise autour d’une grande rue. Le vieux quartier est délimité par une grosse tour-porche dite de l’horloge et 700m plus loin dans la même perspective, par la cathédrale « impériale » (excusez du peu !)
 Eh bien non, après avoir bien soufflé tout ce long parcours, je n’ai plus trouvé l’inspiration dans cette gigantesque bâtisse à la nef austère et minérale et moins encore dans l’immense crypte froide et ses tombeaux figés à jamais.
Comment trouver là l’inspiration, ne serait-ce même qu’une once aspiration vers l’au-delà. De mon humble avis, Dieu ne se montre pas très avenant dans pareil édifice, où l’on officie pourtant depuis près de 1 000 ans !
In..spire, ou pas !
 Non vraiment Spire m’a coupé le souffle en ne me laissant que la première syllabe de ma respiration.
Maison natale de J-S. BACH à Eisenach
 Aujourd’hui 18 mai nous voilà près d’Eisenach, ville natale du maître Jean-Sébastien Bach. Nous avons visité sa maison et le musée qui y est aménagé. Rosita a trouvé l’endroit assez froid, personnellement il m’a bien inspiré … La maison aura été ruinée par un incendie, suite aux bombardements de 1945, elle fut réhabilitée très rapidement à sa libération par les américains, juste avant que les russes intègrent la ville à la R.D.A.
Pour moi le maître absolu de la musique (1685-1750)
 Hier nous avons consacré une journée entière à la belle et vivante ville d’Heidelberg sur la rive du Neckar. Contrairement à beaucoup de villes, Heidelberg a échappé aux bombes alliées. Seul le château de grès rouge qui domine la ville, présente des tours et des murailles éventrées et explosées par les troupes de Louis XIV… A chaque époque ses misères.
Le château Renaissance
 
Une œuvre française des soudards de Louis XIV


 Jean-Luc, le 18-05-2017

samedi 13 mai 2017

Demain JOUR J : contact !



Nous voilà donc prêt pour un grand tour vers la Laponie. Le projet datait de l'an dernier, mais Rosita ayant différé son départ à la retraite, il était devenu un peu tard dans la saison pour ce Grand Nord.
La Scandinavie reste attractive pour nous : grand espaces, nature mieux préservée, tout y respire le grand air et la santé... on aime quoi.
Déjà en 1968, je m'y étais aventuré avec mon copain Bernard (lecteur du blog depuis sa lointaine Caroline du sud). Un matin de septembre, dormant en forêt, comme à l'habitude à la belle étoile, nous avions dû rebrousser chemin vers le sud... Nous nous étions réveillés sous la neige !
Puis en 1996, nous avions loué un grand camping-car pour découvrir en famille les fjords de Norvège (superbes !), rendre visite à nos amis Jean-Yves et Kim de Göteborg et apprécié oh combien, la Suède et le Danemark. Ce fut pour nous deux et les enfants, une accumulation de beaux souvenirs.
Cette année donc, privilège de retraités, nous pouvons partir au long cours, comme au long temps, 8 semaines. Nous allons assouvir enfin, une histoire de 1983, celui de découvrir une Finlande, où nous aurions dû nous expatrier deux années. Je déclinais deux semaines avant mon départ ce projet, que l'on m'avait déguisé d'attractif, en contraire à mes opinions les plus légitimes : je ne travaille pas pour des projets militaires.
Mais nous allons vous raconter tout cela ...


vendredi 10 février 2017

C comme Canada (suite de l'abécédaire)





- le Canada (4*) trois voyages de 1998 à 2001.

Visiter le Canada, c'est pour 95% des français aller chez nos cousins Québécois.

Comme les 100 000 pionniers français qui colonisèrent le pays, entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, la destination reste la plus proche d'Europe pour aborder l'Amérique. On y parle un français charmant, mêlé d'expressions que j'entendais de mes grands-tantes dans les années 50, héritages patois de temps plus anciens encore.
Nous avons découvert la "Belle Province" de Québec en 1998, à l'occasion de cousinages généalogiques. Des cousins NAU, NEAU, NEAULT, etc.. dans leurs 14 variantes possibles, nous accueillirent remarquablement et ce fut toujours aussi chaleureux les années suivantes.

Bien avant nous en 1666, leur ancêtre François NAU, était venu là depuis Turquant prés de Saumur, après trois mois de dure navigation sur le Saint-Jean-Baptiste.
Ayant eu 13 enfants vivants en deux mariages, il essaimera de générations en générations, jusqu'à compter environ 15 000 descendants aujourd'hui, entre l'Alaska et la Floride, l'essentiel étant au Québec.
Des souvenirs accumulés en trois beaux voyages, des liens d'amitiés, mêlés de cousinages, nous gardons à la fois beaucoup d'émotions, de nostalgie et toujours le projet d'un prochain voyage, le pays étant si vaste.
Peut-être l'été indien serait la meilleure saison, les couleurs doivent y être sublimes.

Nous gardons un grand souvenir du Noël 2000, passé chez Michel et René. Malgré la douceur du temps (-15°C quand même) et le peu de neige, nous avons redécouvert sous la "poudrerie", des paysages visités les étés précédents.

L'année 2000 fut aussi l'occasion d'un long séjour, nous entrainant jusqu'à la côte Pacifique. Un voyage mémorable entre la Colombie Britannique, l'Ontario, les parcs de Jasper, de Banff et l'île de Vancouver.
Sacs aux dos, trains, bus, bateaux et voitures de location, nous laissent des souvenirs indélébiles de liberté et d'improvisations heureuses.

Parcours dans l'ouest canadien
Avant bien d'autres constats les années suivantes et ailleurs, l'on ne pourra pas oublier la vision de ces grands glaciers en régression. Le réchauffement climatique est devenu le pire héritage que nous transmettrons à nos enfants.
Notre économie consumériste, jamais rassasiée des ressources de la Terre et notre organisation cupide qui semble incapable de se remettre en question, nous mènent à la catastrophe.
Les conférences aux plus hauts sommets de type COP et les belles paroles des gouvernants restent impuissantes et autistes, à une situation devenue une urgence vitale. Les écologistes dont nous sommes depuis plus de quarante ans maintenant, n'ont plus qu'a faire leurs testaments, pour s'excuser auprès de leurs descendants de n'avoir rien pu faire, face aux puissances de la finance, et à s'en excuser.
 
La chute de Montmorency l'hiver

L'anecdote :

Faire du camping en Colombie Britannique, comme dans bien d'autres provinces, mérite quelques précautions. L'environnement tout sublime qu'il est, reste sauvage... Les recommandations ne manquent pas, comme celle de remiser sa nourriture durant la nuit, dans les containers métalliques à l'entrée des campements.
Marcher en forêt primaire, peut conduire à rencontrer quelques plantigrades peu avenants, surtout s'ils sont surpris. Nous avons tenté l'expérience, partagés entre l'excitation de cadrer un ours dans l'objectif et la plus relative envie d'en rencontrer un autre au coin d'un cèdre.
Nous en avions vu plusieurs du train et nous étions impressionnés par les annotations, que les promeneurs avaient mis sur le livre d'informations de l'office de tourisme de Jasper. La malchance, ou la chance fit que nous n'aperçûmes notre "little grizzli" (un ours noir), que de loin et de la voiture, en repartant de notre marche en forêt.
Nous n'eûmes pas à mettre en application, l'une des recommandations du dépliant ad-hoc :

"N'essayez jamais d'échapper à un ours en courant" ... c'est déjà trop tard !