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samedi 20 août 2016

Edimbourg

Le château



Capitale un peu sombre de l’Ecosse, Édimbourg ressemble en ce moment à une grande fête foraine. Cette ambiance un brin déjanté serait particulière à cette période de Festival parait-il.
Le soleil est revenu, les rues sont bondées de badauds aux tenues plus ou moins extravagantes, sans parler des kilts portés encore un peu. Les pelouses de Princess street gardens se couvrent de familles à l’heure du goûter des enfants en uniformes, rentrant de l’école et d’amoureux qui ne comptent pas leur temps.
Princess street gardens
 Pourtant la remise à l’heure se fait chaque jour depuis le château. A treize heures pile, un coup de canon y est donné et tout le monde remet sa montre à l’heure. Les navires au mouillage, où au large dans le Firth of Forth pouvaient ainsi jadis avant les satellites régler l’heure des horloges de bord, leur permettant ainsi de faire un point précis au large.
A 13 heures l'on remet les pendules à l'heure
Je n’ai pas retrouvé le poste de police près du château qui, avec mes copains nous avait hébergé en 1969, alors que dehors tombaient des cordes et où, sur notre insistance, l’officier avait accepté de nous « boucler » dans la cellule de dégrisement. L’on nous avait libéré le matin, avec les excuses du « bobby », de ne pas pouvoir nous offrir le « breakfast ».
Et pourtant rappelez-vous les copains c'était par là !
Le mémorial national rend hommage à Walter Scott, le poète
 A la National Gallery, je tenais à voir et pour vous montrer le tableau de 1647 de Nicolas Poussin "Le sacrement de l'Ordination", dont une copie est accrochée dans le transept sud de l'église Saint-Jean-Baptiste de La Ménitré:
 


 Belle découverte ce matin de la fabuleuse Rosslyn chapel à une dizaine de miles au sud de la capitale. Le site repris dans le texte du Da Vinci code, comme un lieu d’énigmes que les passionnés ne manquent pas de venir décrypter. L’architecture est une sublimation de la sculpture, de personnages comme de motifs végétaux et maçonniques aussi semble-t-il.
Rosselyn Chapel
 D’énigmes, nous en retenons une : celle de la représentation de frises en blé d’Inde (ou d’Amérique), sculptées cinquante ans avant la découverte de Christophe Colomb …
Voilà donc notre carte postale d’Édimbourg.
Au départ de notre  carte, Stonehaven et à quelques km par le sentier côtier la ruine emblématique des combats pour l'Ecosse depuis le XIIIème siècle, le château de Dunnottar, inaccessible aux assaillants, à 50m au dessus de la mer.
  
Jean-Luc, le 19-08-2016

Ce qui nous rend différents et si semblables.



Avec les semaines, nous commençons à nous mouler dans tout ce qui fait un bon britannique, mais il reste encore quelques extravagances qui nous rendent un peu différents quand même.
Rouler à gauche, nous est devenu une habitude rapidement et heureusement. La courtoisie en guise de règle de priorité, serait une bonne leçon à retenir aussi chez nous.
Le breakfast avec des haricots blancs sucrés  tôt le matin oblige à un certain entrainement du sens du goût, surtout complété d’un peu de boudin noir et de saucisse. Imaginez nos mogettes au sucre dès le matin !
Des toilettes impeccables, dans tous les lieux publics, avec papier et balayette en place, là nous avons fort à faire.
Pour les déjections de chiens, rien n’est laissé au hasard… tout est systématiquement ramassé à peine le toutou relevé. Nous avons vu un maitre ramasser la crotte de son chien en plein champ, loin de tout. Pour nous l’envie pressante pour « aller gâter de l’eau », comme disait mon grand père, est réglementée : interdit à moins de 30 yards d’un cours d’eau !
 Tout britannique a des difficultés avec le système métrique. Les barrières d’entrée de parkings sont limitées à 6 pieds six pouces (environ 2m) et les travaux « ahead » à 400 yards.
Mais il y a plein d’idées à retenir, messieurs les architectes continentaux. Le robinet d’eau froide est à gauche… quelle importance me direz-vous ? Quand vous vous lavez les dents, cela vous permet de couper l’eau tout en continuant à les brosser (sous réserve d’être droitiers bien entendu). Les britanniques pensent que cela ne peut nous importer, ils ont longtemps cru que les français ne changeaient de brosse à dents qu’une fois l’an. Et je ne vous parlerais pas des poignées de porte des sanitaires, vous allez finir par croire que je fais une fixation sur le sujet.
Ce qui nous a étonné aussi, c’est l’importance des chiens et leur nombre. Les toutous sont de races et de marques quasiment inconnues chez nous et ils sont souvent par deux. Pourquoi ? Il faut que je le demande avant de quitter ce charmant pays, mais je me méfie de mes questions, elles sont parfois mal comprises.
Ainsi et pour en finir avec les chiens, il existe dans la gare de Saint Pancras à Londres, où arrive l’Eurostar, une belle statue de bronze, celle d’un couple se faisant les adieux d’un quai de gare, peut-être la connaissez-vous. En bas relief, divers petites sculptures de scènes de gare, dont une dame au fessier bien en évidence, penchée sur ses bagages et un petit chien. Constatant que le chien était plus lustré que les fesses de la dame, j’eus la malencontreuse idée de faire remarquer, à un britannique de passage, cet état de choses. A cela, j’ajoutais une question qui ne sembla pas plaire au monsieur, à savoir : « Cela veut-il dire que les britanniques préfère les chiens aux belles fesses des femmes ? ».
Le britannique ne fait pas de bise, il étreint quand il est content ; nous sommes loin de La Ménitré, mais pour finir ce mot, nous vous faisons la bise quand même. 
 
Une couleur pour oublier la brume
Jean-Luc, le 17-08-2016

Après la pluie vient le beau temps



Nous n’avions pas choisi l’Écosse pour affiner nos bronzages, ni inaugurer nos nouveaux maillots de bain. Mais cinq jours de pluie sur sept, dont une nuit de tempête à nous réfugier au niveau bas du combi, cela commençait à bien faire.
 Et puis avant hier matin au départ de Dingwall (un peu au nord d’Inverness), ce fut le beau ciel bleu sans le moindre nuage. Autant dire que les bruyères en fleur retrouvaient leur belle teinte violacée, les cascades leur musique gaie et les oiseaux (nombreux), leur bonheur de vivre. Dommage pour nous, nous aurons traversé les plus beaux paysages, ceux du nord, dans les nuages et parfois sous une pluie battante.
Rivière écossaise
Au nord de l'île de Skye
Montagnes en fleurs
Le saut du saumon
Au nord d'Inverness
L’éclaircie vint fort à propos sur la route du whisky, là où les distilleries semblent plus nombreuses que les laiteries. Nous avons fait halte dans celle dont la visite semblait la plus intéressante : Glenfidish. Et effectivement nous n’avons pas été déçus de l’heure et demie de visite. Un tour de cet établissement avec une guide ne tarissant pas de détails sur la fabrication, pas (trop) chauvine sur la marque ; le tout se terminant par une dégustation généreuse de quatre crus de qualité, inconnus des rayons de nos supermarchés.
Un peu d'eau dans le whisky c'est la méthode écossaise, mais trop c'est trop ! 
Nous arrêterons là la dégustation...

... sinon on y voit vite des vaches bizarres.
 
Le port d'Ullapool
Deux générations de combis
Jean-Luc, le 16-08-2016

vendredi 12 août 2016

L’Écosse des Highlands



L’Écosse offre bien des aspects différents, mais les plus attachants sont à mon humble avis, comme les plus beaux à visiter : les Highlands, ses îles, ses « glens » (vallées), ses« bens » (montagnes) et ses « lochs » (lacs et fjords). S’y mêlent là encore, l’histoire souvent tragique du pays, ses légendes et les mystères de ses grands espaces bruissant aux vents, comme de ses mille  cascades.
Ces musiques naturelles, ces cris de batailles, comme ces appels répétés à la liberté et à l’indépendance, auront sans doute données les teintes nostalgiques de sa musique, aussi nuancée que les couleurs des tartans de ses différents clans. J’ai là aussi une pensée émue pour mon ami Peter, écossais jusqu’au fond du cœur, du clan des Mac Gregor si je me souviens bien, décédé il y a cinq ans. Nous pensons très fort à Whada son épouse, à Glen son fils et à sa petite famille.
 
Le port d'Inveraray
En cette fin d’été et à ces latitudes septentrionales, la lumière du soir est rasante. Mais elle est d’autant plus précieuse et remarquable, qu’elle se fait rare les 300 jours de pluie que connait l'Ecosse.
 
Loch, ben et glen de bruyère en d'immenses perspectives
 
Le chateau de Stalker, inaccessible fief des Stuart

Nous ne nous décourageons pas de tant d’eau en si peu de jours et nous poursuivons des routes qui n’en finissent pas de tourner, sans jamais en voir le bout.
 Aujourd’hui deux points particuliers : Glenfinnan et les ruines du château d’Urquart
GLENFINNAN : le lieu est doublement mythique.
Tout d’abord celui du retour des Stuart en terre d’Écosse en 1785 à la reconquête du royaume perdu. Je n’ai pas été sans penser au grand tableau de la bibliothèque du château de Serrant, près de chez nous, représentant Jacques III, prétendant à la couronne d’Angleterre comme d’Écosse et le comte de Walsh seigneur des lieux.  
La colonne de Glenfinnan
 
Même sous la pluie, la tenue s'impose pour les fidèles
Un monument, vénéré par les indépendantistes présents dans leurs tenues traditionnelles, y est élevé à la mémoire de cette deuxième tentative de soulèvement de 1785, par Bonnie Prince Charlie Stuart, prétendant d’alors (tentative échouée elle aussi), et aux highlanders victimes de ces combats.
Seconde raison de pèlerinage, pour les plus jeunes, le viaduc en toile de fond, où deux fois par jour passe le train à vapeur qui emmène  Harry Potter dans trois volets de ses romans, le train des Jacobites.
 
Le viaduc du train des Jacobites
Le château d’URQUART :
Des ruines dont la silhouette revient souvent dans l’iconographie écossaise et pour cause elle borde le loch Ness. Ses eaux alentours habiteraient Nessie, le fameux monstre marin qui refait sa réapparition de temps en temps, pour mieux relancer le tourisme en Écosse.
Nous avons bien scruté les horizons pluvieux de ce grand loch cet après midi, mais rien ne nous a vraiment frappé, pas même une risée d’eau. En 1969, le chauffeur qui me fit longer cette rive m’avait donné un conseil précieux : « Si tu veux le voir, il te faut d’abord avaler cul sec au moins dix whiskies, tôt le matin. Ensuite mets-toi prés des ruines du château d’Urquart et tu as des chances de l’apercevoir ! »

  
Parfois, par temps clair, Nessie rode...
Jean-Luc, le 10-08-2016