Translate

vendredi 12 août 2016

Jeux de boules



A La Ménitré « la boule » comme on dit, tient une grande place dans les activités et notre patrimoine. En Grande-Bretagne et dans tout le Commonwealth il en est tout autant.
La discussion a souvent tourné autour des analogies entre nos jeux et je pense à une discussion lors du vernissage de notre actuel Salon d’art, avec un artiste qui prétendait que le jeu de boules britannique, utilisait le même type de boule que notre boule de fort.
En 2014, nous étions allés sur un terrain de boules à Londres, pour constater qu’il n’en était rien. Si la boule anglaise ressemble à la notre en forme et dimensions, elle n’est pas cerclée et surtout elle n’a pas de « fort ». On la nomme « Crown bowl », traduit en français par boulingrin.
La boule du crown bowl britannique, ou boulingrin
 Hier, voyant au loin une compétition en cours, j’ai pensé que c’était une opportunité d’en savoir plus. Aussi sous le bon prétexte de demander l’autorisation de faire des photos, nous sommes rentrés dans ce que chez nous nous appelons la buvette. Ici l’on y sert du thé et du café. Mais comme nous sommes  en Ecosse, Rosita me fit remarquer qu’il y avait aussi un distributeur de doses de … whisky !
Pour compenser le dérangement, je fis un petit exposé sur notre jeu angevin qui intéressa bien nos hôtes. Ils nous invitèrent fort gentiment d’ailleurs à prendre le thé et à déguster quelques gâteaux maison. Où cela devient intéressant c’est qu’un des joueurs me dit qu’il existe dans la région de Manchester, Blackpool, un jeu de boules qui utilise aussi des boules asymétriques. Mais contrairement à chez nous, il se joue sur un terrain convexe (bombé) ; curieux quand même…  Mais de ce coté de la Manche qu’y aurait-il de pire pour nous surprendre ?
J’expliquais à deux dames que longtemps chez nous, les femmes avaient été interdites dans les sociétés de boules de fort. Je n’ai pas voulu les choquer en leur donnant l’explication que nos anciens joueurs donnent eu égard au vin qui tournerait vinaigre, le thé ici ne pouvant présenter cet inconvénient. Néanmoins en souriant elles furent bien contentes de me préciser malicieusement que les tournois mixtes en Angleterre se faisaient à raison de deux hommes et une seule femme par équipe.
La tenue et la pelouse vont de paire, elles sont impeccables.


La compétition avançant ces dames prirent congé de nous en ajustant leurs tenues blanches impeccables, aux blasons de leurs clubs et les hommes réajustèrent leurs cravates à l’insigne de leurs clubs, avant d’aller poser le petit paillasson qui sous les chaussures du tireur évite d’abimer une pelouse rase, serrée et parfaite à en faire pâlir nos jardiniers.

Jean-Luc, le 09-08-2016

mardi 9 août 2016

Glasgow, morne capitale économique de l'Écosse


     Nous  décidons de consacrer une journée entière à la découverte de la ville.
Il y a 47 ans j’avais trouvé Glasgow froide et pluvieuse, aujourd’hui elle est douce et ensoleillée ; le réchauffement climatique est bien engagé. (Rosita me fait remarquer que ma conclusion est fort mal à propos…). Le phénomène est pourtant d’importance pour les sans abris et SDF dont le nombre surprend dans cette ville : ils auront moins froid.
La Grande-Bretagne souffre  d’un chômage certes moins élevé que chez nous, mais les emplois précaires (temps très partiels, contrat zéro heure, etc..) sont nombreux, créant une misère qui transpire dans les quartiers oubliés, dans la rue et dans les magasins « low cost ».
L'industrie des chemins de fer au temps de sa splendeur
 La protection sociale à la française, malgré sont délitement progressif et programmé par certain(e) politique, évite les ventes d’une charité qui ici semblent affranchir trop facilement les consciences coupables, les problèmes n’étant pas résolus à leurs sources.
Pour en finir avec mon volet social, Glasgow étant le lieu approprié à ce sujet, j’en viens au Brexit (mot qui va intégrer sans doute les éditions 2017 des dictionnaires de nos deux langues au moins). En Angleterre lors d’une discussion avec un costaud d’un camping plutôt populaire, l’on m’a fait comprendre qu’il était temps de se débarrasser des dictats de Bruxelles. L’aspect économique de ce tremblement de terre était le cadet de ses soucis ; les riches en auront les solutions !
En Écosse par contre, c’est le sujet de la presse et de BBC radio Scotland. Un économiste disait hier que le Brexit couterait à la Grande-Bretagne en 2016, 2 points de déficit et 250 000 chômeurs en plus. Et rien ne permet encore de mesurer l’impact sur les années à venir. Le monde de l’immobilier s’affole de la dévalorisation de ses m² et de la difficulté de pouvoir investir en France par exemple, où il sera de plus en plus difficile de vivre avec des retraites dévaluées de 15 à 20%. La chambre des Lords vient de demander un nouveau référendum et les Écossais s’organisent pour sortir du Royaume.

Un immeuble signé Mackintosh
Glasgow, une ville plutôt verticale, que nous avons arpenté de longues heures, l’architecture et l’urbanisme mérite bien une telle visite. Les rues sont organisées de manière orthogonale comme à New-York-City (et dirais-je aussi à La Ménitré ?). De nombreux bâtiments sont l’œuvre de Charles-R.Mackintosh, architecte de génie qui a marqué sa ville, comme dans ce même style « modern art », Gaudi à Barcelone. La pierre rouge de ses immeubles donne une petite variante au nuancier sombre et crasseux. Malheureusement, hormis quelques musées, dont le Kelvingrove art gallery rassemblant une collection fabuleuse et hétéroclite d’objets et de toiles (un Christ étonnant de Dali représenté en contre plongée par exemple), les curiosités sont peu nombreuses et distantes les unes des autres.

Christ de Saint Jean de la Croix, par Dali, au Kelvingrove art gallery
de Paul SIGNAC (1889) un lieu qui nous est cher pour y avoir habité onze ans : Herblay (95)

Voila pour notre carte postale de Glasgow, écrite le surlendemain, sous une pluie tenace.

Jean-Luc, le 08-08-2016

Aux limites nord de l’Empire Romain



 
Le nord d l’Angleterre nous amènerait-il vers des territoires barbares ou de liberté?
 S’y rencontre la querelle des Pictes, tribus venues du nord de l’Europe par bateau, d’autant plus farouches qu’ils sont vers les hautes terres balayées par les vents et les Esprits en tous genres, et les Britons, peuples celtes venus du sud, d’Irlande et du continent. Ce sont aujourd’hui, pour les premiers les Ecossais, pour les seconds les Anglais.
Curiosité britannique et botanique
 Après Liverpool que nous avons quitté enthousiastes, un détour par le « Lake district », si cher aux Anglais s’imposait. Personnellement j’en gardais le souvenir d’une belle région certes, mais pas comme les chauffeurs qui me véhiculaient en 1969, alors que j’y voyageais en stop, la prétendait bien plus belle que l’Ecosse, lointaine, froide et humide et d’une population rustre de surcroit. Notre petite expérience des jours passés n’a pas fait évoluer mon avis. La région des lacs est belle au nord, mais apprêtée comme un jardin bourgeois anglais au sud ; même pas un acre laissé à la liberté d’un stationnement gratuit, le temps d’une photo.
 
Windermere
Nord du Lake district
 Des limites de l’Empire (non pas Britannique, mais Romain) un vestige reste intéressant, celui du mur d’Hadrien, général qui deviendra Empereur à son retour à Rome vers l’an 120 ap. J-C et à qui l’on doit sa construction. Contrairement à la Grande muraille de Chine, l’on ne le voit pas de l’espace mais il barrait d’ouest en est (sens de sa construction) la limite de résistance rencontrée par les légions romaines.
Aujourd’hui encore, satisfaisant les deux partis, il semble encore protéger les anglais de ces fantasques Ecossais qui veulent rester dans l’Europe et inversement de ce peuple précieux et arrogant du sud. Ainsi chacun y trouve la satisfaction de circonstance.
Le mur d'Hadrien
 L’entrée en Ecosse se fait par une petite ville peu banale par son histoire et aujourd’hui par les marchands du Temple qui y ont construit boutiques et bazars, c’est Gretna Green.

En 1754 l’Angleterre réglemente les mariages, imposant que les prétendants aient dorénavant 21 ans révolus et l’accord des parents pour se marier devant un clerc. En Ecosse la loi n’a pas court et il est possible de se marier dès 16 ans, avec seulement deux témoins, même mineurs et devant le premier venu, sous réserve qu’il sache rédiger l’acte de mariage.
Evidement c’est la ruée des amoureux désirant sceller leur destin, vers le premier village passé la frontière. Il se trouve que la première maison en Ecosse soit dans le village de Gretna Green, celle d’un forgeron. Aussi avant l’arrivée des parents hostiles scelle t-il l’union en trois coups deux mouvements, concluant le mariage par un coup de marteau sur son enclume.
Un acte de mariage par le forgeron de Gretna Green

Aujourd’hui encore la petite ville prend des airs de Las Végas, où se croisent calèches et Rolls-Royces de location pour un mariage original.
Préparation d'une calèche
 Et nous voila en Ecosse …
 
Le chardon symbole de l'Ecosse
Jean-Luc, le 06-08-2016

vendredi 5 août 2016

Liverpool sur un air des Beatles



Nous quittons le Pays de Galles avec en boucle l’intégrale de Beatles enregistrée avant le départ. Autant dire que nous nous conditionnons pour la prochaine étape : Liverpool !
La ville nous donne une sensation forte par son architecture monumentale. Ville d’énergie positive elle ne peut pas laisser indifférent. Deuxième ville d’Angleterre pour la finance et la culture, après des années sombres, conséquences des lourds bombardements de la guerre, puis de la chute de son industrie et de ses activités portuaires.
Mais de cette obscurité naîtra un phénomène : le « fab four », John, Paul, George et Ringo : les Beatles.
Après une suite de musées le long des quais nous arrivons dans une cave, comme un studio, « the Beatles story », le musée qui leur est consacré, une caverne d’Ali Baba pour les collectionneurs et nous ne sommes pas sans penser à notre ami Pierrot.



Les visiteurs ne sont pas tous entrés avec une réduction senior, des jeunes très branchés beatlesmania apprécient la visite sur les plus fameux morceaux du groupe, que beaucoup chantent à voix basses. 
Tout commence à la Casbah, première boite enfumée et mal odorante de Liverpool, où prend naissance le groupe, pour se terminer dans la réplique de l’appartement blanc de John LENNON et Yoko ONO, où trônent le piano blanc et les lunettes rondes et fumées de l’art qu’on assassine ce triste jour de 1980. Et sur l’air de cette chanson inoubliable, ma  préférée : « Imagine »…  

 
L'appartement blanc à New-York

Jean-Luc le 4 aout 2016